Irlande

Une plongée dans la culture Irlandaise : littérature, films & musique irlandaise

Parce qu’un voyage ce n’est pas seulement des paysages magnifiques, des rencontres incroyables et des souvenirs inoubliables. Pour moi c’est également un voyage culturel à la découverte de nouvelles musiques, de nouveaux films, de nouveaux récits, 

Alors pour que vous puissiez vous immerger totalement dans la culture irlandaise et dublinoise en vue de votre voyage sur l’île d’Émeraude, voici quelques pistes pour explorer au mieux la culture de ce pays aux facettes multiples et à l’histoire riche !

Focus sur la musique irlandaise, à la découverte de ses pépites

Je ne vais pas vous parler ici de Paul David Hewson né à Dublin en 1960 alias Bono et de son groupe U2. Non, ce serait trop évident.

Il faudrait un article entier pour parler de l’importance et de la signification de l’un des plus grands tubes des 90’s, “Zombie” écrit par une jeune irlandaise venue de Limerick, Dolores O’Riordan et The Cranberries.

Bien qu’il soit irlandais, Shane MacGowan est né en Angleterre et les Pogues, malgrés leurs influences venues tout droit de l’île d’émeraude, est avant tout un groupe Londonien.

Mine de rien je viens tout juste de citer les trois groupes irlandais les plus importants et influents. Mais vous les connaissez déjà surement, alors nul besoin ici de faire un article sur les groupes irlandais connus.

Regardons plutôt du côté des musiciens irlandais dont la renommée est moindre une fois les frontières de l’île dépassées !

Que ce soit à Dublin ou dans la campagne irlandaise vous trouverez toujours un petit pub où vous poser le soir après une journée bien remplie. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il y aura toujours quelques musiciens pour jouer des chansons de musique traditionnelle irlandaise.

Alors pour passer la meilleure des soirées possible et pouvoir chanter en cœur avec les locaux autour d’une pinte de Guinness, je vous conseille de mettre dans votre playlist l’un des groupes les plus joués dans les pubs de l’île : The Dubliners.

D’abord connus sous le nom de “The Ronnie Drew Ballad Group”, Ronnie Drew et ses acolytes jouent pour la première fois au O’Donoghue’s Pub en 1962 (établissement toujours présent à Dublin pour les curieux).

Ils se renomment rapidement The Dubliners en hommage à James Joyes et son livre de nouvelles “Dubliners” (livre culte dans la littérature irlandaise mais nous y reviendrons). Le groupe connaît alors le succès dans les pubs de l’île d’émeraude mais aussi chez ses voisins Anglais en reprenant des airs traditionnels irlandais.

Des balades à la gloire de l’Irlande (Molly Malone, Rocky Road to Dublin, etc.), des folks song imbibées (Seven Drunken night, Whiskey in the Jar, etc.) et des titres plus politiques (The Town I Loved So Well, Join the British Army, etc.).

La musique irlandaise passe de musiciens en musiciens depuis des générations et The Dubliners en sont les meilleurs représentants. A vous de chanter maintenant : “Ah you’re drunk, you’re drunk you silly old fool, still you can not see…”.

Les films irlandais : une ode à la culture et la musique irlandaise

S’il fallait encore une preuve que la musique tient une place vraiment importante en Irlande, la voici : deux des meilleurs films irlandais de ces dix dernières années sont des films musicaux.

D’ailleurs ce sont deux films qui ont beaucoup en commun.

Ce sont donc tous deux des films musicaux, ils se déroulent tous deux à Dublin et ils sont tous deux réalisés par un seul et même homme.

John Carney est un Dublinois né en 1972. D’abord connu comme musicien dans le groupe The Frames, il va très rapidement se tourner vers la réalisation de clips et de courts-métrages.

Il réalise plusieurs films avant de travailler sur son chef d’œuvre en 2007 : Once.

John Carney écrit l’histoire d’un musicien de rue, comme il y en tant dans la capitale irlandaise, qui va soigner son amour perdu en écrivant un album avec une musicienne qui vient tout juste d’entrer dans sa vie.

Mais tout n’a pas été simple sur ce projet.

Après le départ de l’acteur principal, encore méconnu à l’époque, Cillian Murphy et du producteur, John Carney décide de tourner le film avec ses amis, sans aucune autorisation et pratiquement sans aucun budget.

Deux semaines de tournage plus tard il en ressort un film magnifique, dans lequel les rues de Dublin sont tournées comme jamais auparavant. Je ne vous parle même pas des chansons composées spécialement pour le film, elles entreront directement dans votre playlist sans jamais vous lâcher.

Le film est un énorme succès, il est aujourd’hui adapté en comédie musicale et régulièrement joué sur scène à Dublin.

Dix ans plus tard, notre homme récidive et signe son second grand film “Sing Street”. L’histoire est simple mais terriblement efficace : un jeune lycéen forme un groupe de rock dans le but de séduire une fille.

Le film est bien ancré dans le Dublin des 80’s et c’est bien là la grande force du film.

Carney arrive à retranscrire l’atmosphère de ces années-là par le biais des looks, des décors, de sa façon de filmer mais aussi et surtout grâce à la musique.

Vous entendrez pendant plus d’une heure et demie les plus grands groupes des années 1980 : The Cure, Duran Duran, A-ha, …

Encore une fois les chansons originales composées par John Carney lui-même sont de très bonne qualité et vous resteront dans la tête très longtemps. Notamment la chanson  principale “Go Now” co-écrite et chantée par Adam Levine, le chanteur de Maroon 5.

Il y a beaucoup de très bons films produits et réalisés en Irlande. Outre ces deux-là, je vous conseille également de regarder le très dur “Hunger” de Steve McQueen sorti en 2008 et plus récemment “Brooklyn” de John Crowley sorti en 2015.  

La littérature irlandaise, toute une histoire !

Considéré comme l’un des écrivains les plus influents du XXe siècle, James Joyce n’a pratiquement jamais vécu sur l’île d’émeraude. C’est un expatrié, qui a vécu entre autre à Zurich et à Paris.

Pourtant son œuvre est profondément marquée par son pays d’origine et par son enfance à Dublin.

D’abord poète, James Joyce publie en 1914 son premier recueil de nouvelles, “Dubliners”, qui est considéré comme l’une de ses œuvres majeures. Comme son nom l’indique, l’auteur dresse dans ce livre des portraits, pleins d’ironie et de dérision, des habitants de Dublin.

Son œuvre la plus populaire est bien sûr “Ulysse” qu’il publie dans son intégralité en 1922. C’est un roman colossal, d’un milliers de pages que James Joyce commence à écrire en même temps que “Dubliners” en 1914.

Il commence même à publier ses textes sous forme de feuilletons dans le magazine américain “The Little Review” en 1918 bien avant la sortie officielle du roman dans son intégralité.

L’auteur y raconte la journée ordinaire de ses deux héros Leopold Bloom et Stephen Dedalus à travers un faux Dublin. Le livre commence à 8h du matin et se termine aux alentours de 3h du matin le lendemain.

Un laps de temps durant lequel les héros vont être confrontés à plusieurs thèmes comme notamment, la mort, la situation politique de l’Irlande, le sexe, la religion, …

Cette œuvre est aujourd’hui un classique maintes et maintes fois revu et/ou réinterprété par des artistes irlandais mais cela n’a pas toujours été le cas. Il sera dès sa sortie et cela jusqu’en 1934 interdit aux Etats-Unis, où Ulysse fut jugé obscène.

Vous connaissez évidemment le dandy et écrivain Oscar Wilde, lui aussi originaire d’Irlande. Né à Dublin en 1854, il est encore aujourd’hui très populaire sur l’île où ses romans sont des incontournables dans les librairies très fréquentées du pays. Une statue à son effigie est d’ailleurs présente à Merrion Square dans le centre de la capitale irlandaise, allez y jeter un œil lors de votre voyage à Dublin.

Je vous conseille également de lire ou relire William Butler Yeats. Le prix Nobel de littérature qui est notamment le co-fondateur du fameux théâtre Dublinois “Abbey Theatre”. Un théâtre encore très couru aujourd’hui !

Les Séries TV irlandaises qui méritent largement le coup d’œil

Si vous avez comme projet de voyager en Irlande mais que l’accent irlandais vous inquiète légèrement, je vous recommande fortement de regarder en VO la série écrite, interprétée et réalisée par Chris O’Dowd : Moone Boy.

Cette série autobiographique retrace la vie d’un petit garçon et de son ami imaginaire au début des années 90’s dans la campagne irlandaise, non loin du Donegal, région réputée pour avoir l’accent le plus prononcé de l’île.

Vous connaissez certainement Chris O’Dowd, ou du moins son visage, car il a joué dans de nombreux films anglais et américains (Good Morning England, St Vincent, Mes meilleurs amies, …) et pendant quatres années dans la série The IT Crowd. Il nous livre dans Moone Boy une vision originale et poétique de l’Irlande rurale et catholique.

Beaucoup moins poétique, je veux également vous parler de Love/Hate, une série produite par la télévision irlandaise RTE, décrivant la face noire et cachée de Dublin.

L’histoire nous raconte l’avènement et la chute d’un groupe d’amis au cœur de la mafia Irlandaise. Les meurtres et les trahisons rythment cette série très réaliste aux allures de “The Sopranos” Dublinois.

Je ne vous cache pas que Love/Hate a du mal à démarrer. La première saison n’est pas très bonne, ce qui ne l’empêche pas d’être très bien reçue par le public. Sachez être patient(e) et indulgent(e) car les saisons suivantes montent souvent à de très hauts sommets de dramaturgie et Love/Hate est encore aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures productions de la télévision nationale.

Je vous conseille également une autre série produite par la RTE (on y retrouvera d’ailleurs certains acteurs de Love/Hate). Cette fois il s’agit d’une série historique nommée “Rebellion”.

Très intéressant pour en savoir plus sur l’insurrection de Pâques, événement marquant de l’histoire irlandaise.

D’autres bribes de culture irlandaise :

Ceci n’est simplement qu’une petite sélection subjective, car j’aurais pu citer beaucoup beaucoup beaucoup d’autres œuvres culturelles irlandaises.

Pour terminer cet article avec encore d’autres recommandations, je voudrai citer deux podcast : Dubland et Irishman Abroad.

Ce dernier est créé par Jarlath Regan, un comédien irlandais des plus captivants. Celui-ci invite quelques-uns de ses compatriotes célèbres à venir parler avec lui pendant une heure, de ce que c’est d’être irlandais, de l’expatriation pour certains, de comédie et de pleins d’autres choses.

Dubland est quant à lui un podcast humoristique hebdomadaire réalisé par Suzanne Kane et PJ Gallagher. De quoi passer de bons moments de rigolade tout en apprenant plus sur l’Irlande en général et Dublin en particulier !

Et bien sûr, la Guinness est à consommer avec modération amis voyageurs.

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